Placementd’argent.fr
Produits spécifiques de placements · France : épargne retraite (PER)

PERECO : placer primes et abondement de l’employeur dans un plan retraite

Le PER d’entreprise collectif, souvent nommé PERECO, permet au salarié d’affecter à sa retraite l’intéressement, la participation et l’abondement de l’employeur. Les sommes y sont suivies par origine, ce qui commande leurs règles de sortie et leur fiscalité.

Salariés d’une entreprise discutant d’un dispositif d’épargne salariale devant un ordinateur dans un bureau lumineux
Primes et aide de l’employeur peuvent alimenter un plan collectif de retraite.

Un plan collectif mis en place par l’entreprise

Le PER d’entreprise collectif, abrégé PERECO et parfois appelé PERCOL, a succédé au PERCO dans le cadre de la loi Pacte. Il est instauré par l’entreprise, par accord collectif, par référendum ou par décision unilatérale de l’employeur, et il s’adresse à l’ensemble des salariés. Une condition d’ancienneté peut être exigée, dans une limite maximale de trois mois.

L’adhésion est facultative : le salarié choisit de verser ou non dans le plan. Selon les entreprises, il coexiste avec un plan d’épargne entreprise à horizon plus court. Le PERECO se distingue de ce dernier par son objectif, la retraite, et par un blocage plus strict de l’épargne.

Intéressement, participation, abondement : qui alimente le plan

Plusieurs sources de versement peuvent alimenter le plan :

  • l’intéressement, prime liée aux résultats ou à la performance de l’entreprise, que le salarié peut choisir de placer plutôt que de la percevoir ;
  • la participation, quote-part des bénéfices attribuée dans les entreprises concernées ;
  • l’abondement, complément versé par l’employeur lorsque le salarié effectue lui-même un versement ;
  • les versements volontaires du salarié, déductibles ou non de son revenu ;
  • le transfert de jours de repos non pris, lorsqu’un compte épargne-temps existe ;
  • les transferts depuis d’autres plans d’épargne retraite.

L’abondement n’est jamais automatique : il dépend de ce qu’a prévu l’entreprise dans son règlement de plan. Il est encadré par la loi, qui le limite à un multiple du versement du salarié et à un plafond annuel. Selon les règles applicables en 2026, ce complément est limité à trois fois le versement du salarié et à environ 7 690 € par an, plafond indexé sur celui de la sécurité sociale.

Compartiments : l’origine des sommes reste attachée à elles

Un PER est organisé en trois compartiments, selon la provenance des versements. Le compartiment individuel regroupe les versements volontaires. Le compartiment collectif reçoit l’épargne salariale : intéressement, participation, abondement, jours de repos. Le compartiment dit catégoriel accueille les cotisations obligatoires prévues par un PER obligatoire.

Cette ventilation se maintient après un transfert vers un autre plan. Les sommes issues de l’épargne salariale restent dans le compartiment collectif, avec leurs règles propres, même si elles sont désormais logées chez un autre gestionnaire. Cette traçabilité explique pourquoi un relevé annuel détaille toujours les sommes par compartiment.

Fiscalité de l’entrée : une aide réelle mais encadrée

Placer un intéressement dans un plan collectif dans les délais prévus permet d’échapper à l’impôt sur le revenu sur cette somme, dans des limites légales, alors qu’une prime perçue directement est imposée. Les prélèvements sociaux, notamment la CSG et la CRDS, restent dus. La participation placée suit une logique voisine.

L’abondement de l’employeur est exonéré d’impôt sur le revenu pour le salarié, qui paie seulement la CSG et la CRDS ; il est déductible du bénéfice de l’entreprise et exonéré de cotisations sociales patronales, hors CSG et CRDS. Les versements volontaires, eux, peuvent être déduits du revenu dans la limite du plafond d’épargne retraite du foyer. L’avantage varie donc selon la nature de la somme versée, et il doit être confirmé auprès du teneur de compte.

Supports de placement et gestion par défaut

Un PERECO propose une gamme de fonds sélectionnés par l’entreprise avec le gestionnaire du plan. Cette gamme comprend en général des fonds diversifiés, des fonds actions, obligataires, monétaires et des fonds solidaires ou responsables. Beaucoup de plans appliquent une gestion pilotée à horizon par défaut : la part des actifs risqués diminue au fil des années à mesure que la date de retraite s’approche.

Le salarié peut le plus souvent choisir une gestion libre. Dans les deux cas, la valeur du plan fluctue, et un capital n’est garanti que si le support l’indique expressément. Il convient de comparer les frais de chaque fonds, car ils réduisent le rendement final.

Sortie à la retraite : capital ou rente selon l’origine des sommes

Au moment de la retraite, l’épargne issue des versements volontaires et de l’épargne salariale peut être récupérée en capital, en rente viagère ou en combinant les deux. Les gains du capital issu de l’épargne salariale supportent le prélèvement forfaitaire unique, alors que la rente suit le régime des rentes viagères à titre onéreux. Pour les versements volontaires déduits, le capital est imposé au barème.

Les droits issus de cotisations obligatoires, s’il y en a dans le plan, ne sont en principe disponibles que sous forme de rente. Il faut donc identifier, sur le relevé, la part de chaque compartiment avant de décider du mode de sortie.

Déblocage anticipé et épargne retraite

L’épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf motifs prévus par la loi : décès du conjoint ou du partenaire de PACS, invalidité, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire d’une activité non salariée. Pour les sommes du compartiment individuel et de l’épargne salariale, l’acquisition de la résidence principale constitue un cas supplémentaire.

Les montants débloqués ne sont pas soumis à la même fiscalité selon le motif et le compartiment. Un salarié qui envisage un achat immobilier doit donc distinguer ce qui peut être mobilisé de ce qui doit rester dans le plan. La demande se fait auprès du teneur de compte, avec les justificatifs nécessaires.

Départ de l’entreprise : frais, conservation et transfert

En quittant l’entreprise, le salarié conserve ses droits. Les frais de tenue de compte, jusque-là pris en charge par l’employeur dans de nombreux plans, peuvent alors lui être facturés. Deux options sont possibles :

  1. conserver l’épargne dans le plan de l’ancien employeur, en vérifiant les frais, la gamme de fonds et la qualité des services ;
  2. transférer vers un PER individuel ou vers le plan du nouvel employeur.

Le transfert est possible à tout moment après le départ, et une fois tous les trois ans lorsque le salarié reste dans l’entreprise. Les frais éventuels sont plafonnés et disparaissent après cinq ans de détention, selon les règles applicables en 2026. Avant tout transfert, comparer les coûts des deux plans est indispensable.

Exemple chiffré avec des montants hypothétiques

Voici une illustration sans valeur de prévision. Un salarié reçoit 2 000 € d’intéressement et hésite entre les percevoir et les placer dans le PERECO.

  1. S’il les perçoit, la somme entre dans son revenu imposable et subit l’impôt, avec un taux marginal supposé de 30 %, soit 600 € d’impôt.
  2. S’il la place dans le plan, l’impôt sur le revenu est évité sur cette somme, dans la limite légale, et la CSG et la CRDS restent dues.
  3. Si l’employeur abonde un versement volontaire de 1 000 € à hauteur de 50 %, le plan reçoit 500 € supplémentaires, sans impôt sur le revenu pour le salarié.
  4. En contrepartie, les 2 000 € ne seront plus disponibles pour un besoin de trésorerie avant la retraite, sauf cas de déblocage.

Le bon choix dépend du besoin de liquidité, de la situation fiscale et de l’horizon de retraite.

Questions fréquentes

Quelle différence entre PERECO et PER individuel ?

Le PERECO est un plan mis en place par l’entreprise pour ses salariés, qui peut recevoir l’épargne salariale et un abondement. Le PER individuel est souscrit à titre personnel auprès d’une banque ou d’un assureur. Les deux obéissent aux mêmes grandes règles de blocage, mais leurs frais et leurs supports diffèrent.

L’abondement de l’employeur est-il obligatoire ?

Non. L’abondement est facultatif et dépend du règlement du plan de l’entreprise. Lorsqu’il existe, il est soumis à un plafond légal annuel et à un multiple maximal du versement du salarié, fixés par la réglementation et susceptibles d’évoluer. Il convient de lire le règlement ou de questionner les ressources humaines.

Peut-on récupérer l’intéressement placé dans le plan ?

Pas librement. Les sommes placées sont en principe bloquées jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi, comme l’invalidité, le surendettement ou l’achat de la résidence principale. Cette indisponibilité doit être pesée avant d’affecter une prime au plan plutôt que de la percevoir.

Que devient mon PERECO si je quitte l’entreprise ?

Les droits acquis restent à vous. Le plan peut être conservé chez l’ancien teneur de compte, avec d’éventuels frais de tenue de compte désormais à votre charge, ou transféré vers un PER individuel ou celui du nouvel employeur. Le transfert est possible à tout moment après le départ.

Le capital est-il garanti dans un PERECO ?

Non, sauf indication expresse du support choisi. Les fonds investis en actions, obligations ou autres actifs peuvent perdre de la valeur. La gestion à horizon réduit progressivement la part risquée à l’approche de la retraite, mais elle ne constitue pas une garantie de récupérer les sommes versées.

Peut-on sortir en capital au moment de la retraite ?

Oui pour les sommes issues des versements volontaires et de l’épargne salariale, qui peuvent être reprises en capital, en rente ou en combinant les deux. Les droits issus de cotisations obligatoires, s’ils existent, ne sont en principe disponibles qu’en rente. Le relevé par compartiment indique ce qui est concerné.

Organismes proposant ce service et sources utiles

  • Organisme proposant ce serviceNatixis Interépargne – PER collectif

    Teneur de comptes d’épargne salariale et retraite d’entreprise, qui décrit l’alimentation du PER collectif, l’abondement, les cas de déblocage et le choix entre capital et rente à la retraite.

  • Organisme proposant ce serviceAG2R La Mondiale – avantages sociaux et fiscaux de l’abondement

    Groupe de protection sociale et d’assurance proposant des plans d’épargne salariale et retraite, dont la page détaille les plafonds de l’abondement et le traitement social et fiscal des versements de l’employeur.

  • Ressource utileLa Retraite en Clair – essentiels du PERECO

    Service d’information sur la retraite qui résume les compartiments, les cas de déblocage et les modes de sortie du PERECO pour les salariés et les chefs d’entreprise.