Placementd’argent.fr
Fiscalité · France : immobilier, transmission et situations pro

Revendre un bien immobilier : comment se calcule et se réduit la plus-value imposable

Lors de la revente d’un bien autre que la résidence principale, l’écart entre prix de vente et prix d’achat corrigé est taxé. Frais admis, durée de détention et situation du vendeur déterminent l’abattement, voire l’exonération, de la plus-value.

Notaire et vendeur examinant un acte de vente et des documents chiffrés autour d’un bureau de signature
Les actes et justificatifs conditionnent le calcul de la plus-value.

Ce que recouvre la plus-value immobilière des particuliers

Lorsqu’un particulier vend un bien immobilier, bâti ou non, il peut réaliser une plus-value : la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition, après correction. Ce gain est soumis à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, mais seulement s’il n’est pas exonéré. Une moins-value, à l’inverse, ne s’impute en principe pas sur d’autres revenus.

Le régime décrit ici vise les ventes réalisées par des particuliers, qu’il s’agisse d’une résidence secondaire, d’un investissement locatif en nom propre ou d’un terrain. Les ventes par une société, par un professionnel de l’immobilier ou par un loueur en meublé relèvent de règles différentes, à analyser à part.

Le notaire chargé de la vente calcule l’impôt, le prélève sur le prix et le reverse à l’administration au moment de la signature de l’acte. Le vendeur doit toutefois contrôler les éléments qu’il lui fournit, car le bénéfice apparent et le gain taxable peuvent être très éloignés.

Reconstituer le prix de vente et le prix d’achat fiscaux

Le prix de cession est le prix stipulé dans l’acte, diminué de certains frais supportés par le vendeur, comme les honoraires d’agence à sa charge ou le coût de diagnostics obligatoires. Le prix d’acquisition est celui de l’acte d’achat, majoré de frais et de dépenses.

  • Les frais d’acquisition : sur justificatifs, ou de façon forfaitaire à hauteur de 7,5 % du prix d’achat.
  • Les travaux de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration, sur factures, ou de façon forfaitaire à 15 % du prix d’achat lorsque le bien est détenu depuis plus de cinq ans.

Les travaux déjà déduits des revenus fonciers ne peuvent pas être comptés une seconde fois. Il faut aussi vérifier les conditions du forfait de 15 %, qui n’est pas cumulable avec les travaux réels. Les factures d’entreprises, plus fiables que des travaux faits soi-même, sont la pièce à conserver.

Bien reçu par donation ou succession

Lorsqu’un bien n’a pas été acheté, le prix d’acquisition retenu est en principe la valeur vénale déclarée lors de la donation ou de la déclaration de succession, majorée des frais admis. Cette valeur sert de point de départ au calcul, alors que le point de départ des années de détention est la date de la transmission.

Un héritier qui vend rapidement un bien reçu à une valeur déclarée proche du marché réalise souvent une plus-value faible ou nulle. À l’inverse, un bien ancien transmis avec une évaluation prudente peut dégager un gain important. Le dossier de succession et l’acte de donation doivent donc être retrouvés avant toute vente.

Les abattements selon la durée de détention

La loi réduit la plus-value en fonction du nombre d’années de détention, selon des barèmes distincts pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. Ils ne progressent donc pas au même rythme.

  • Impôt sur le revenu : aucun abattement jusqu’à la cinquième année, 6 % par an de la sixième à la vingt et unième année, 4 % la vingt-deuxième année, soit une exonération totale après vingt-deux ans de détention.
  • Prélèvements sociaux : aucun abattement jusqu’à la cinquième année, 1,65 % par an de la sixième à la vingt et unième année, 1,60 % la vingt-deuxième année, puis 9 % par an de la vingt-troisième à la trentième, soit une exonération totale après trente ans.

Entre vingt-deux et trente ans, le vendeur ne paie donc plus d’impôt sur le revenu mais reste redevable de prélèvements sociaux sur la fraction résiduelle. Des abattements exceptionnels existent aussi pour certaines ventes dans des zones tendues ou en renouvellement urbain, sous des conditions strictes de date de promesse de vente : à vérifier avant d’en tenir compte.

Taux d’imposition et surtaxe sur les gains élevés

Selon les règles applicables en 2026, la plus-value nette imposable à l’impôt sur le revenu l’est au taux forfaitaire de 19 %. S’y ajoutent les prélèvements sociaux, au taux de 17,2 % dans le régime des plus-values immobilières des particuliers, sur la base fixée après leur propre abattement.

Une surtaxe de 2 % à 6 % s’applique lorsque la plus-value imposable dépasse 50 000 €, selon un barème progressif par tranches. Elle s’ajoute à l’impôt sur le revenu et se calcule sur le montant déjà diminué des abattements. Ces taux dépendent de la législation fiscale en vigueur au jour de la vente, et peuvent évoluer avec les lois de finances : ils doivent être confirmés avant la signature.

Les exonérations les plus fréquentes

Résidence principale

La vente de la résidence principale est exonérée, à condition qu’elle ait constitué l’habitation habituelle du vendeur au jour de la cession. Une ancienne résidence principale peut rester exonérée si elle est vendue dans un délai normal après le déménagement, ce qui s’apprécie au cas par cas. Un bien devenu locatif depuis longtemps n’est pas automatiquement exonéré.

Première cession d’un logement autre que la résidence principale

Sous conditions, une exonération s’applique si le vendeur n’a pas été propriétaire de sa résidence principale au cours des quatre années précédentes et réinvestit le prix dans l’achat ou la construction de sa résidence principale dans un délai de vingt-quatre mois.

Autres cas

Le prix de cession inférieur ou égal à 15 000 €, la situation de certains retraités ou titulaires de pensions d’invalidité sous conditions de ressources, l’expropriation et la cession à certains organismes de logement social constituent d’autres cas d’exonération, soumis à des conditions précises.

Exemple chiffré avec des valeurs hypothétiques

Prenons un appartement acheté 200 000 € et revendu 260 000 € après dix ans de détention. Les chiffres sont simplifiés et fictifs.

  1. Le prix d’acquisition majoré est de 200 000 € + 15 000 € (forfait frais de 7,5 %) + 30 000 € (forfait travaux de 15 %), soit 245 000 €.
  2. La plus-value brute est de 260 000 € − 245 000 €, soit 15 000 €.
  3. Après dix ans, l’abattement pour l’impôt sur le revenu est de 6 % × 5 ans, soit 30 %, ce qui laisse 10 500 € imposables à 19 %, soit 1 995 €.
  4. L’abattement pour les prélèvements sociaux est de 1,65 % × 5 ans, soit 8,25 %, ce qui laisse 13 762,50 € imposables à 17,2 %.

Cet exemple n’a pas de valeur de simulation : il montre seulement que le gain imposable est bien inférieur à l’écart entre prix de vente et prix d’achat.

Cas particuliers : société, meublé, bien démembré

La détention par l’intermédiaire d’une société civile immobilière soumise à l’impôt sur le revenu suit en général le régime des particuliers, avec une analyse des parts. Une société soumise à l’impôt sur les sociétés applique un autre mode de calcul fondé sur la valeur comptable du bien, sans abattement pour durée de détention.

Le régime des loueurs en meublé a été modifié ces dernières années, notamment sur le traitement des amortissements pratiqués : il convient de vérifier la règle applicable à la date de la vente. Les ventes de biens démembrés et les cessions à titre professionnel supposent une analyse distincte avec le notaire ou un conseil fiscal.

Préparer la vente : démarches et erreurs à éviter

Le notaire a besoin de l’acte d’achat ou de donation, des factures de travaux, des justificatifs de frais et de la preuve d’occupation éventuelle. Mieux vaut les réunir dès la mise en vente plutôt que la veille de la signature.

  • Oublier de déduire du gain les frais d’acquisition et de travaux justifiés.
  • Cumuler à tort le forfait de 15 % et les travaux réels.
  • Supposer qu’une ancienne résidence principale louée reste exonérée.
  • Ignorer la surtaxe dès que la plus-value imposable dépasse 50 000 €.
  • Déduire deux fois des travaux déjà imputés sur les revenus fonciers.

Une fois la vente conclue, le gain doit encore figurer dans la déclaration de revenus de l’année. Il est conseillé de confirmer le calcul avec le notaire, qui reste l’interlocuteur compétent pour la formalité.

Questions fréquentes

À partir de quand la plus-value immobilière est-elle exonérée ?

L’exonération d’impôt sur le revenu est acquise après vingt-deux ans de détention, celle des prélèvements sociaux après trente ans. Entre les deux, le vendeur ne paie plus d’impôt sur le revenu mais reste redevable de prélèvements sociaux sur une fraction décroissante de la plus-value.

Peut-on déduire les travaux réalisés dans le logement ?

Oui, sur factures, pour les travaux de construction, de reconstruction, d’agrandissement ou d’amélioration, à condition de ne pas les avoir déjà déduits des revenus fonciers. À défaut, un forfait de 15 % du prix d’achat s’applique après cinq ans de détention, sans cumul avec les travaux réels.

La vente d’une ancienne résidence principale est-elle exonérée ?

Elle peut l’être si la vente intervient dans un délai normal après le départ du vendeur, délai apprécié au cas par cas. Si le logement est resté loué pendant de longues années, l’exonération n’est pas automatique. Le notaire vérifie la situation sur la base des justificatifs d’occupation.

Qui calcule et paie l’impôt lors de la vente ?

Le notaire établit la déclaration de plus-value, calcule l’impôt et le prélève sur le prix de vente, puis le reverse à l’administration. Le vendeur demeure responsable de l’exactitude des informations fournies et doit mentionner la plus-value dans sa déclaration annuelle de revenus.

Existe-t-il une taxe supplémentaire pour les gros gains ?

Oui, une surtaxe de 2 % à 6 % s’applique lorsque la plus-value imposable, après abattements, dépasse 50 000 €. Elle s’ajoute à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Son barème par tranches doit être vérifié à la date de la vente.

Une moins-value immobilière est-elle déductible ?

En principe, non. La perte réalisée lors de la vente d’un bien immobilier par un particulier ne s’impute pas sur d’autres revenus ni sur d’autres plus-values immobilières. Seules des hypothèses très particulières, notamment professionnelles, suivent un régime différent.

Organismes proposant ce service et sources utiles

  • Organisme proposant ce serviceNotaires de France — les plus-values immobilières

    Le notariat explique le calcul de la plus-value, les abattements pour durée de détention et les exonérations, des éléments que le notaire utilise pour établir l’imposition lors de la signature de l’acte.

  • Organisme proposant ce serviceSeLoger — guide du calcul de la plus-value immobilière

    Portail immobilier qui détaille la formule de calcul, les forfaits de frais et de travaux, les abattements, les exonérations, la surtaxe et les démarches liées à la vente, avec un simulateur.

  • Ressource utileANIL — calculateur de plus-value immobilière

    L’Agence nationale pour l’information sur le logement propose un outil d’estimation pour les ventes de particuliers et renvoie vers les conseils gratuits des agences départementales d’information sur le logement.