Un contrat de Predica proposé par le Crédit Agricole, aujourd’hui fermé
Predissime 9 Série 2 est un contrat d’assurance-vie de groupe, à adhésion facultative, libellé en euros et en unités de compte. L’assureur est Predica, filiale de Crédit Agricole Assurances ; les caisses régionales du Crédit Agricole le distribuaient auprès de leurs clients. Le contrat appartient donc à la famille des assurances-vie bancaires, où l’épargnant dispose d’un interlocuteur en agence mais où la gamme de supports est choisie par le groupe.
Selon l’annonce publiée par Crédit Agricole Assurances, Predissime 9 Série 2 et Floriane 2 ont été fermés à la commercialisation au premier trimestre 2026, au profit du contrat Oriance, lancé en février 2026. Un contrat fermé n’est pas un contrat supprimé : les adhésions déjà conclues continuent de vivre selon la notice d’information et ses avenants, avec leurs garanties, leurs supports et leur antériorité fiscale.
À qui s’adresse cette page
Le texte concerne en priorité les détenteurs actuels, mais aussi les proches d’un titulaire (héritiers, bénéficiaires, conjoint) qui découvrent le contrat à l’occasion d’une succession ou d’un bilan patrimonial. Quelqu’un qui cherche à ouvrir une assurance-vie aujourd’hui ne peut plus souscrire Predissime 9 Série 2 ; il lui faut comparer les contrats actuellement commercialisés, y compris Oriance.
Aucune information ne remplace la lecture des documents personnels : notice, conditions particulières, relevés annuels. Ils indiquent la date d’adhésion, la clause bénéficiaire enregistrée, la répartition réelle entre supports et les frais appliqués à la situation de chacun.
Fonds en euros et unités de compte : deux logiques à ne pas confondre
Comme tout contrat multisupport, Predissime 9 Série 2 permet de répartir l’épargne entre deux catégories de supports.
- Le fonds en euros est investi principalement en obligations. Sa valeur est réévaluée chaque année par la participation aux bénéfices. Le document d’informations clés du contrat précise toutefois que la restitution des sommes investies, nette de frais, n’est pas garantie en raison des frais de gestion et, le cas échéant, de la cotisation de la garantie décès : cette nuance mérite une lecture attentive.
- Les unités de compte sont des parts de fonds (OPC, fonds immobiliers, ETF selon la gamme). Leur valeur fluctue avec les marchés, sans garantie de l’assureur sur le capital ; la perte maximale correspond aux sommes investies.
La présence d’un fonds en euros à côté d’unités de compte ne protège donc pas l’ensemble du contrat : chaque euro doit être rattaché au support où il se trouve.
Durée recommandée, rachats et protection de l’épargne
Le document d’informations clés mentionne une durée de détention recommandée de huit ans, avec reconduction tacite chaque année, et un délai de renonciation de trente jours après l’adhésion. Un rachat reste possible avant ce terme, mais il peut entraîner des conséquences fiscales et, sur les unités de compte, une perte de valeur si le moment est défavorable.
En cas de défaillance de l’assureur, le Fonds de garantie des assurances de personnes intervient dans une limite par assuré, tous contrats confondus, qui s’élève à 70 000 € pour les garanties en capital selon le même document. Cette protection ne couvre évidemment pas les fluctuations de marché des unités de compte.
Pour un épargnant qui détient plusieurs contrats chez le même assureur, ce plafond se calcule en additionnant l’ensemble des garanties concernées, ce qui justifie de dresser un inventaire global de ses contrats.
Frais : des fourchettes larges qui dépendent des supports
Le contrat cumule plusieurs couches de frais, dont l’addition donne le coût réel de la détention.
- Les coûts d’entrée et de sortie du contrat, indiqués par le document d’informations clés sous forme de pourcentages modestes.
- Les frais de gestion et administratifs annuels, qui varient fortement selon les supports : une unité de compte à gestion active coûte nettement plus cher qu’un fonds en euros ou qu’un ETF.
- Les coûts de transaction supportés par les fonds eux-mêmes, et d’éventuelles commissions de performance.
- La garantie complémentaire décès, dont le coût, lorsqu’elle est activée, s’ajoute aux frais précédents.
Le même document affiche des fourchettes très étendues, de quelques points de pourcentage selon le profil retenu. Seul le détail des supports réellement détenus permet de connaître le coût propre à un contrat. Les relevés annuels et la liste des supports servent de base à ce calcul.
La gestion sous mandat d’arbitrage
Outre la gestion libre, où le titulaire décide lui-même de la répartition et des arbitrages, le Crédit Agricole présente sur cette gamme une gestion sous mandat. Le titulaire confie à un gestionnaire la sélection et l’arbitrage des unités de compte, selon un profil (prudent, équilibré ou dynamique) choisi à l’avance.
D’après la présentation publique de la banque, cette délégation exige un montant minimal et s’accompagne d’une majoration des frais de gestion sur les unités de compte, de l’ordre de quelques dixièmes de point de pourcentage par an ; ces éléments évoluent et doivent être confirmés pour le contrat concerné. Le mandat ne garantit ni rendement ni capital : il délègue une méthode, pas le risque.
Avant de signer, un détenteur peut poser trois questions : quel est le coût supplémentaire exact, que devient la liberté d’arbitrer soi-même, et dans quelles conditions le mandat peut être arrêté.
Garder le contrat existant ou passer à Oriance : les points de comparaison
La fermeture de Predissime 9 Série 2 n’oblige personne à changer de contrat. Une proposition de transfert ou de nouvelle souscription vers Oriance, ou vers un contrat concurrent, doit être examinée sur plusieurs critères.
- L’antériorité fiscale : la date d’ouverture du contrat conditionne le régime applicable aux rachats, notamment après huit ans.
- Les frais : la communication de l’assureur sur Oriance évoque des frais de gestion harmonisés et des arbitrages gratuits ; il convient de comparer ces conditions avec celles du contrat détenu.
- Les supports : la nouvelle gamme élargit l’offre, mais l’utilité d’un support supplémentaire dépend de l’allocation recherchée.
- Les garanties et la clause bénéficiaire, à reconstituer dans le nouveau cadre.
Un nouveau nom commercial, à lui seul, ne justifie pas de clôturer un contrat ancien, surtout si celui-ci a plusieurs années d’ancienneté.
Fiscalité et transmission : ce qui reste attaché au contrat
Selon les règles applicables en 2026, les gains d’un rachat sont soumis à l’impôt sur le revenu (ou au prélèvement forfaitaire) et aux prélèvements sociaux, avec un régime plus favorable pour les contrats de plus de huit ans, qui bénéficient d’un abattement annuel sur les gains. Les montants et taux doivent être vérifiés sur les sources officielles au moment d’un retrait.
Au décès du titulaire, le capital est versé aux bénéficiaires désignés dans la clause, hors succession dans le cadre des règles propres à l’assurance-vie : un avantage de transmission dont le plafond par bénéficiaire dépend notamment de l’âge du titulaire lors des versements. Relire la clause après un mariage, un divorce, une naissance ou un décès reste l’une des vérifications les plus rentables, et elle ne coûte rien.
Exemple chiffré, uniquement pour illustrer
Prenons une situation purement hypothétique, avec des chiffres ronds qui ne reflètent aucune performance réelle.
- Un contrat contient 40 000 €, dont 20 000 € sur le fonds en euros et 20 000 € sur des unités de compte.
- Les unités de compte supportent 1,2 % de frais annuels, soit 240 € par an sur 20 000 €.
- Le fonds en euros supporte 0,6 % de frais, soit 120 € par an sur 20 000 €, déjà intégrés dans le taux servi.
- Si le titulaire adopte un mandat majorant les frais de 0,3 % sur les unités de compte, le coût supplémentaire annuel serait de 60 € sur ces 20 000 €.
L’intérêt de la délégation se juge donc en comparant ces 60 € hypothétiques à la valeur attendue du suivi, sans oublier qu’aucun résultat n’est garanti.
Erreurs fréquentes et démarche pratique
Les erreurs les plus courantes tiennent à l’oubli plus qu’à la complexité : ne pas relire le relevé annuel, laisser un fonds dormir sur un support devenu inadapté, ne pas actualiser la clause bénéficiaire, arbitrer sans tenir compte des frais, ou clôturer un contrat ancien sous la pression d’un argument commercial.
- Rassembler la notice, les conditions particulières et le dernier relevé.
- Dresser la liste des supports et des frais associés.
- Vérifier la clause bénéficiaire et la date d’adhésion.
- Demander par écrit les conditions précises du mandat ou d’un éventuel transfert.
- Comparer à tête reposée, sans délai imposé, avec plusieurs offres.
Pour toute décision personnelle, il reste utile de confronter ces éléments aux conditions en vigueur auprès de l’établissement concerné.
Questions fréquentes
Peut-on encore souscrire Predissime 9 Série 2 ?
Non, selon l’annonce de Crédit Agricole Assurances, le contrat est fermé à la commercialisation depuis le premier trimestre 2026 et remplacé par Oriance pour les nouvelles souscriptions. Les adhésions déjà conclues se poursuivent, avec leurs garanties et leur antériorité fiscale, selon la notice et les avenants qui leur sont applicables.
Que devient un contrat Predissime déjà ouvert ?
Il continue de fonctionner : versements, arbitrages, rachats et clause bénéficiaire restent régis par la notice d’information. La fermeture concerne uniquement les nouvelles adhésions. Aucun changement de contrat n’est automatique, et toute proposition d’évolution doit être examinée, notamment sur les frais, les supports et l’ancienneté fiscale.
Le fonds en euros garantit-il le capital ?
Le document d’informations clés précise que le contrat ne garantit pas la restitution des sommes investies nettes de frais sur ce fonds, en raison des frais de gestion et de la cotisation décès éventuelle. La protection s’apprécie donc après frais ; pour connaître le niveau exact applicable, il faut lire la notice et le dernier relevé.
La gestion sous mandat est-elle gratuite ?
Non. Selon la présentation publique du Crédit Agricole, elle suppose un montant minimal et une majoration des frais de gestion appliquée aux unités de compte concernées. Elle ne garantit ni rendement ni capital. Les conditions exactes pour un contrat donné se confirment auprès de la banque, par écrit si possible.
Faut-il passer à Oriance ?
Aucune obligation n’existe. Le changement mérite comparaison : frais, supports, garanties, clause bénéficiaire et surtout antériorité fiscale, qui peut se perdre lors d’une nouvelle souscription. Un contrat ancien bien suivi peut rester pertinent ; la décision relève de la situation personnelle du titulaire.
Quelle protection en cas de faillite de l’assureur ?
Le document d’informations clés mentionne l’intervention du Fonds de garantie des assurances de personnes, dans une limite de 70 000 € par assuré pour les garanties en capital, tous contrats confondus. Cette garantie ne couvre pas les pertes liées aux marchés financiers sur les unités de compte.
