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ETF sur le SMI ou le SPI : grandes valeurs suisses ou marché élargi ?

Le SMI regroupe les vingt plus grandes sociétés cotées en Suisse, le SPI couvre un univers bien plus large. Choisir entre un ETF sur l’un ou l’autre revient à arbitrer entre concentration, diversification, frais, distribution des dividendes et exposition au franc suisse.

Vue de la ville de Zurich avec un écran affichant des courbes boursières et des indices d’actions
Deux indices suisses, deux largeurs d’exposition aux actions.

SMI et SPI : deux façons de décrire la Bourse suisse

Le Swiss Market Index (SMI) est l’indice phare de la place suisse. Il rassemble vingt sociétés, sélectionnées selon leur capitalisation flottante et leur volume d’échanges, et représente environ les trois quarts de la capitalisation du marché suisse selon son administrateur, SIX. Le Swiss Performance Index (SPI) englobe presque toutes les sociétés cotées à la bourse suisse remplissant les critères d’admission, soit plus de deux cents entreprises, des grandes aux petites.

Le SMI est donc un sous-ensemble du SPI. Un ETF qui réplique l’un ou l’autre achète des actions suisses, mais le nombre de lignes et la place des petites et moyennes valeurs changent sensiblement.

La concentration : un point commun qui surprend

Élargir l’univers ne fait pas disparaître le poids des grands groupes. Quelques entreprises de l’agroalimentaire, de la pharmacie et de la finance dominent la capitalisation du pays, et elles pèsent lourd dans les deux indices. Dans le SPI, les dix premières lignes d’un ETF représentent une part majeure du portefeuille, alors même que le fonds en détient plus de deux cents.

Le SMI applique une limite de pondération par titre, fixée à 18 % selon SIX, afin d’éviter qu’une société n’occupe une place excessive. Cette règle protège contre une concentration extrême, mais n’empêche pas un fonds sur le SMI de rester très dépendant de trois ou quatre groupes et de quelques secteurs défensifs.

Ce que l’exposition suisse représente vraiment

Acheter un ETF sur ces indices ne revient pas à parier sur la seule économie intérieure de la Suisse. Beaucoup de sociétés suisses réalisent l’essentiel de leur chiffre d’affaires à l’étranger. Leur cours dépend autant de la demande mondiale, des brevets pharmaceutiques ou des habitudes de consommation que de l’activité du pays.

Les petites et moyennes capitalisations présentes dans le SPI, mais pas dans le SMI, sont en moyenne plus sensibles à la conjoncture suisse. C’est l’un des apports du marché élargi : une tonalité un peu plus domestique, au prix d’une volatilité parfois plus marquée.

Frais, réplication et distribution

Les ETF qui suivent ces indices diffèrent par leurs caractéristiques, plus que par l’indice lui-même. Les points suivants se lisent dans la fiche produit et le document d’informations clés :

  • le ratio de frais annuel (TER), généralement plus élevé pour un fonds sur le SMI que pour un fonds sur le SPI de grande taille, d’après les fiches publiées par iShares ;
  • la méthode de réplication, physique complète ou par échantillonnage optimisé ;
  • la politique de distribution : versement périodique des dividendes ou capitalisation ;
  • la taille du fonds et le volume de négociation.

Une différence de quelques centièmes de point de frais annuels paraît faible, mais elle se cumule sur de longues périodes et mérite d’être comparée au regard de l’écart de composition.

Indice de prix, indice de rendement total : une nuance clé

Selon SIX, le SMI classique est un indice de prix, qui ne réinvestit pas les dividendes, alors que le SPI est un indice de performance, dividendes inclus. Des variantes du SMI incluant les dividendes existent aussi. Cette distinction explique des écarts apparents de rendement entre deux graphiques, sans que l’un des marchés soit plus performant que l’autre.

Pour comparer deux fonds, l’indice exact suivi doit être identifié. Un ETF qui distribue ses dividendes verra son cours évoluer différemment d’un fonds qui les capitalise, même si le portefeuille sous-jacent est semblable.

Le franc suisse : un risque et un coût pour l’épargnant en euros

Les actions suisses sont cotées en francs suisses. Pour un investisseur dont le budget est en euros, la variation du taux de change EUR/CHF s’ajoute à celle des actions. Le franc s’est souvent comporté comme une monnaie refuge, mais cette tendance n’est pas garantie et peut jouer dans les deux sens.

Une cotation en euros du même ETF sur une place européenne ne supprime pas ce risque : elle le rend simplement moins visible. Une part dite couverte contre le change existe parfois ; elle réduit l’effet de change mais engendre un coût de couverture qui figure dans la documentation du fonds.

Fiscalité, frais de courtage et éligibilité

Plusieurs paramètres pratiques influencent le coût réel d’un investissement en ETF suisse :

  • les dividendes de sociétés suisses sont soumis à une retenue à la source en Suisse, dont une partie peut être récupérée ou imputée selon la convention fiscale applicable à la résidence de l’investisseur ;
  • le droit de timbre suisse sur certaines opérations de négociation peut s’ajouter aux frais du courtier ;
  • l’écart entre cours acheteur et vendeur pèse davantage sur une petite transaction ;
  • l’éligibilité à un cadre fiscal français comme le PEA ne va pas de soi pour un fonds domicilié en Suisse.

Ces éléments se vérifient auprès du courtier et du gestionnaire avant l’ordre, selon les règles applicables en 2026.

Illustration avec 10 000 € hypothétiques

Soit 10 000 € hypothétiques, convertis en francs suisses pour acheter un ETF :

  1. Si les actions suisses gagnent 5 % et que le franc recule de 3 % face à l’euro, le gain mesuré en euros est inférieur à 5 %.
  2. Si les actions reculent de 10 % mais que le franc progresse de 4 %, la perte en euros est atténuée, sans disparaître.
  3. Les frais annuels du fonds viennent en déduction du résultat dans les deux cas.

Ces pourcentages sont choisis pour la démonstration. Ils ne décrivent aucune prévision de marché et ne signifient pas que le change compense systématiquement les mouvements des actions.

Comment trancher entre SMI et SPI

Aucun des deux indices n’est supérieur par nature. Quelques repères aident à décider :

  • le SMI convient à celui qui souhaite un portefeuille limité aux plus grandes valeurs, quitte à accepter une forte concentration ;
  • le SPI répond à une recherche d’élargissement du marché, avec davantage de lignes, tout en conservant le poids des grands noms ;
  • combiner les deux n’a guère d’intérêt, car le SMI est déjà inclus dans le SPI ;
  • la place de cette exposition dans le patrimoine global compte plus que le choix de l’indice.

Le prospectus et le document d’informations clés précisent les risques propres à chaque part avant toute décision.

Questions fréquentes

Un ETF sur le SPI est-il plus diversifié qu’un ETF sur le SMI ?

Il détient bien plus de lignes, ce qui élargit l’univers aux moyennes et petites sociétés. Toutefois, les plus grandes capitalisations continuent de peser lourd dans l’indice. La diversification par le nombre de titres reste donc limitée par la concentration du marché suisse, concentré sur quelques grands groupes.

Pourquoi le SMI semble-t-il moins performant que le SPI sur un graphique ?

Selon SIX, le SMI classique est un indice de prix, sans réinvestissement des dividendes, alors que le SPI inclut les dividendes. La comparaison doit se faire entre indices de même nature, par exemple deux versions avec dividendes, pour juger correctement la différence de performance.

Un ETF suisse expose-t-il au risque de change ?

Oui, pour un épargnant dont la monnaie de référence est l’euro. Les actions sont cotées en francs suisses, et le taux EUR/CHF influence le résultat final. Une cotation en euros ne supprime pas ce risque. Certaines parts proposent une couverture, dont le coût figure dans la documentation du fonds.

Quels frais comparer avant d’acheter ?

Le ratio de frais annuel du fonds, les frais de courtage, l’écart entre cours acheteur et vendeur, les éventuels droits de timbre et les frais de change. Pour un petit montant, les coûts fixes du courtier et l’écart de cotation peuvent peser davantage que la différence de TER entre deux fonds.

Les dividendes suisses sont-ils taxés à la source ?

Les dividendes de sociétés suisses subissent une retenue à la source en Suisse. Selon la convention fiscale entre la Suisse et le pays de résidence, une partie peut être imputée ou récupérée. Le traitement dépend aussi de la structure du fonds : il vaut mieux interroger le courtier et l’administration fiscale concernée.

Peut-on détenir à la fois un ETF SMI et un ETF SPI ?

C’est possible, mais cela fait double emploi, car les sociétés du SMI figurent déjà dans le SPI. La détention simultanée augmente le poids des grandes valeurs sans véritable diversification supplémentaire. Elle se justifie plutôt par des raisons pratiques, comme une répartition entre plusieurs courtiers.

Organismes proposant ce service et sources utiles

  • Organisme proposant ce serviceSIX — Swiss Market Index (SMI)

    Page de la bourse suisse administrant l’indice : composition des vingt valeurs, méthodologie, règles de pondération plafonnée, variantes de calcul et documents d’indice.

  • Organisme proposant ce serviceSIX — SMI, SPI et SMIM expliqués

    Article pédagogique de la place boursière comparant le périmètre des indices suisses, leur mode de calcul avec ou sans dividendes et leur sensibilité à l’économie intérieure.

  • Organisme proposant ce serviceiShares — Core SPI ETF (CH)

    Fiche d’un ETF suivant le SPI : frais annuels, réplication, politique de distribution, documents d’informations clés et composition, utile pour examiner un produit concret.

  • Organisme proposant ce serviceiShares — SMI ETF (CH)

    Fiche d’un ETF répliquant le SMI : nombre de lignes, plafond de pondération par titre, frais annuels et rappel du risque de concentration sectorielle et par pays.